« L’excavation s’évapore, goutte d’éther; la lumière apparaît, avec son cortége de rayons, comme un vol de courlis qui s’abat sur les lavandes; et l’homme se retrouve en face de lui-même, les yeux ouverts et blêmes. Je l’ai vu se diriger du côté de la mer, monter sur un promontoire déchiqueté et battu par le sourcil de l’écume; et, comme une flèche, se précipiter dans les vagues. Voici le miracle: le cadavre reparaissait, le lendemain, sur la surface de l’océan, qui reportait au rivage cette épave de chair. L’homme se dégageait du moule que son corps avait creusé dans le sable, exprimait l’eau de ses cheveux mouillés, et, reprenait, le front muet et penché, le chemin de la vie. »
Les Chants de Maldoror (1869)












